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Catégorie : Histoire et Actualité Postales


LE MUSEE PHILATELIQUE DE LIMA

Rédigé par Nanou.


dimanche 6 décembre 2009

Installé dans le centre de Lima, capitale du Pérou, à deux "blocs" de la Plaza Major, siège du gouvernement et site de la cathédrale, dans le bâtiment de la poste construit en 1876, le musée philatélique de Lima ne manque pas de dérouter le visiteur, pour peu qu’il soit collectionneur de timbres.


En effet, dans ce musée, on ne trouve pas de timbres en exposition.


La philatélie Péruvienne est pourtant riche en histoire depuis les premières émissions de 1858, qui avaient été précédées des timbres de la "Pacific Steam" (1857) transportant le courrier par navires côtiers (les steamers) et les diverses émissions accompagnant la vie politique parfois tourmentée de cette république andine.

Rien de tout cela dans le musée, ou presque ! On trouve en effet des panneaux de type "posters" représentant des timbres péruviens illustrant l’histoire du transport du courrier dans le pays depuis les temps les plus anciens.


Il ne faudrait pas croire que le service du courrier a été introduit par les Espagnols après leur conquête du pays vers 1536. Bien avant eux, les tribus indiennes avaient organisé des services de messagers parcourant leurs territoires. On en sait un peu plus sur celui qu’avaient développé les Incas dans leur empire qui s’étendait de l’Equateur au nord jusqu’au Chili au sud. Un extraordinaire réseau de chemins (appelé toujours aujourd’hui «chemin des Incas») de près de 30000 km avait été tracé. Chacun d’eux était empierré, et équipé à intervalles réguliers d’environ 30 à 50km de relais comportant garde et hébergement. Les messagers, appelés "les Chasquis" étaient des coureurs à pied qui se relayaient de manière à ne pas interrompre le port du message du palais de l’Empereur Inca situé à Cusco aux confins du pays ou des grands prêtres gouvernaient sous son autorité. Le service fonctionnait bien entendu dans les deux sens et il permettait à "l’Inca" (ainsi désignait-on l’Empereur) d'avoir connaissance dans des délais très courts de tout ce qui passait dans son royaume et inversement de donner très rapidement des instructions.



Mais quelle était la forme que prenaient ces messages : les coureurs à pied, n’étant pas de la noblesse n’étaient pas en capacité de relayer des messages oraux très sophistiqués. Donc, il fallait une forme d’écriture et de comptage complexes, et légère à transporter.


Contrairement à une idée répandue qui voudrait que les Incas n’aient pas connu l’écriture, ceux-ci possédaient bien une forme d’écriture et de comptage non encore déchiffrée à ce jour. Les multiples destructions d’objets effectuées sans discernement par les conquistadors ont sans doute retardé cette découverte, et l’on attend encore aujourd’hui le « Champollion » qui permettra de lever le voile sur ce que signifie les : "quipu", ces colliers que transportaient en grand nombre les chasquis. On trouve ces colliers dans divers musées du pays, et leur observation montre bien qu’ils n’étaient pas composés au hasard : un système sophistiqué de cordes tressées de longueurs et d’espacements différents, de nœuds aux formes très diversifiées (on en dénombre plusieurs dizaines) sont bien là la représentation mnémotechnique d’un alphabet et sans doute aussi d’un système comptable dont on n’a pas encore percé les secrets.


Lorsque ce sera enfin fait, on apprendra sans doute encore beaucoup de choses sur la civilisation Inca somme toute encore méconnue, et sur celles qui l’ont précédée et qui sont à l’origine du développement de ce système de messagerie.


Quelques objets plus récents complètent cette présentation, telle ces boîtes aux lettres de la période dite «républicaine» (fin du 19ème siècle), beaucoup plus esthétiques que les boîtes de la SERPOST (pour "servicio postale") que l’on rencontre aujourd’hui dans divers commerces pour collecter le courrier, et cette charrette de transport du courrier de 1827.




Enfin, on s’arrêtera volontiers devant la boîte aux lettres en "gueule de jaguar" située sur la façade principale du bâtiment. Elle n’est plus utilisée aujourd’hui, dommage, c’est la plus belle pièce du musée !




                                                                                                    J. G. - APN - Décembre 2009

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